Deux lectures s’opposent autour du Haut Potentiel Intellectuel
Le Haut Potentiel Intellectuel (HPI) est aujourd’hui un sujet largement médiatisé, mais aussi très mal compris.
On retrouve deux types de discours :
- Une lecture scientifique, basée sur des critères objectifs, des tests validés, et des observations cliniques.
- Une lecture grand public, simplifiée voire déformée, qui regroupe sous l’étiquette “HPI” toute une série de traits émotionnels, comportementaux ou psychologiques… souvent sans fondement.
Sur Normal Atypique, nous choisissons la nuance, la précision et la responsabilité.
Une seule réalité scientifique : un QI ≥ 130
Le HPI désigne un fonctionnement intellectuel avec un quotient intellectuel (QI) supérieur ou égal à 130.
Ce seuil statistique, situé à deux écarts-types de la moyenne, concerne environ 2,3 % de la population.
Il ne s’agit pas d’une “personnalité HPI”, mais d’une performance cognitive mesurée, dans un cadre normé.

Comment identifier un HPI ? Grâce à des tests spécialisés
Le HPI ne se devine pas : il s’évalue à l’aide de tests cognitifs reconnus.
Les évaluations utilisées en France sont :
- le WAIS-IV (pour adultes),
- le WISC-V (pour enfants).
Ces tests appartiennent à l’échelle de Wechsler, mais d’autres échelles existent, comme la Cattell à l’international.
L’évaluation doit être menée par un neuropsychologue ou un psychologue spécialisé.
Attention à la lecture grand public et à l’effet Barnum
Beaucoup de contenus font du HPI une “boîte fourre-tout” : on y trouve l’hypersensibilité, l’hyper-empathie, le HPE, la difficulté sociale, la pensée en arborescence, etc.
Même si cela peut flatter l’ego ou donner un sentiment d’appartenance, être mal identifiée peut faire plus de mal que de bien.
On risque de passer à côté du vrai sujet, ou d’adopter une lecture réductrice de son vécu.
L’effet Barnum (se reconnaître dans des descriptions floues et universelles) est un piège courant dans les livres ou vidéos sur le HPI. Rester critique est essentiel.
Le HPI n’est pas un trouble, mais il peut en masquer d’autres
Être HPI ne signifie ni être en difficulté, ni être protégé de tout.
Ce haut potentiel peut coexister avec des troubles comme :
- le TDA/H,
- les troubles DYS,
- les troubles anxieux,
- la dépression,
- les troubles du spectre de l’autisme (TSA),
- et bien d’autres
Dans certains cas, le fonctionnement intellectuel élevé masque ou compense ces troubles. Cela peut fausser les diagnostics ou retarder une prise en charge adaptée.
Se découvrir HPI peut offrir des clés. Cela peut apaiser certaines incompréhensions, ou remettre du sens là où il y avait du flou.
Mais ce n’est pas une identité. C’est un point de départ, pas une case.
Le plus important n’est pas l’étiquette, mais ce qu’on en fait.
Et parfois, cela commence par une nouvelle manière de se comprendre — plus juste, plus libre.
Vous souhaitez faire entendre votre voix ?
Vous êtes professionnel·le ou simplement concerné·e par le sujet du HPI ?
Ce blog est ouvert aux regards éclairés, aux contributions scientifiques et aux récits nuancés.
